Texte de Xavier Xuriguera, critique d’art

Gérard Xuriguera, critique d’Art

Le peintre ne restitue jamais les choses comme elles sont, mais selon la conscience qu’il en a et l’échelle de son clavier sensitif, à l’instant de leur perception.

Baron-Renouard a compris depuis longtemps que la peinture devait être non seulement la mémoire vivante du regard, mais le reflet des états intimes. Il a appris, conjointement, des orientaux, à ne pas essayer de dominer la nature, mais à s’adapter à ses diffluences. Par conséquent, son aventure ne pouvait que rendre compte des grands flux de l’univers, ici rendus à travers un bouquet d’équivalences aux sonorités heurtés.

Affinités secrètes II, Baron Renouard
Affinités secrètes II, Baron Renouard

Mais en dépit de la liberté d’improvisation, l’organisation demeure vigilante, construite et ordonnée par une main régulatrice, qui rassemble forme et couleur dans un même élan. L’autonomie des parties, séparant des zones vierges et d’autres gonflées de sève, respecte la loi du Nombre d’Or. Enfin, on l’aura compris, pour armer son vocabulaire à la fois allègre et ombrageux, Baron Renouard s’appuie sur l’expérience et l’efficacité d’une gestualité fusante, mais toujours maîtrisée.

Puissante et subtile, chaleureuse et pudique, l’œuvre de Baron-Renouard nous invite autant à la méditation qu’à la communion avec la vie.