ABSTRACTION D’APRÈS GUERRE. NON FIGURATION

Figure de l’abstraction française d’aprés-guerre, Baron-Renouard (1918-2009) est un peintre de l’École de Paris. Officier d’aviation, artiste peintre et représentant de la peinture française à l’international, Baron-Renouard a fait partie dans les années 50 et 60 du paysagisme abstrait et du naturalisme imaginaire abstrait, tendances picturales de la Nouvelle Ecole de Paris.

Aux termes d’une longue évolution, BARON-RENOUARD est devenu dans son expression picturale un représentant de ce que Lydia Harambourg et Henry Galy-Carles appellent le « Paysagisme abstrait ou Naturalisme Imaginaire Abstrait ».

Peintre de l’École de Paris, la composition de ses toiles obéit à une structure interne rigoureuse. Dans son oeuvre, la nature, source d’inspiration privilégiée est perçue à travers le filtre de l’imaginaire et se mue en abstraction « une colline ou une plage précise BARON-RENOUARD, sont bien lisibles au moment où vous les regardez, mais un ou deux ans plus tard, quand leur image a été absorbée par votre esprit, elles ne sont plus concrètes, elles sont sublimées, elles sont devenues abstraites dans leurs formes »

L’artiste a étudié les flamands, les primitifs italiens et la construction bien ordonnée de ses peintures répond aux mêmes exigences. La règle du nombre d’or est un principe fondamental de ses créations.

Sa peinture, précise André Verdet, est conçue comme une musique : “Les masses colorées se meuvent s’organisent, se répartissent à la façon de thèmes musicaux. Elles s’orchestrent. Elles deviennent des timbres. Ces timbres réagissent les uns sur les autres avant de se fondre dans le chant général de la composition”.

Peinture de l’ailleurs … La Chine et le Japon sont pour ce voyageur, paysages familiers, Vadime Elisséeff le dit hanté par le même travail qui hante peintres chinois et japonais “au seuil de la lisibilité, à travers jeux calligraphiques et tableaux cosmiques”.

“Cette peinture est aussi peinture de l’espace. Baron-Renouard nous guérit de la claustrophobie puisqu’à travers ses tableaux, nous sommes dans des étendues très larges et très diverses à la fois, que l’on traverse, ni trop vite, ce qui empêcherait la contemplation, ni trop lentement, ce qui empêcherait l’allégresse” selon les mots d’Eugène Ionesco.