{"id":5363,"date":"2013-11-04T20:16:05","date_gmt":"2013-11-04T18:16:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/?p=5363"},"modified":"2021-02-25T17:09:31","modified_gmt":"2021-02-25T15:09:31","slug":"les-fauves-et-le-fauvisme-par-jean-cassou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/les-fauves-et-le-fauvisme-par-jean-cassou\/","title":{"rendered":"Les Fauves et le Fauvisme, Jean Cassou, conservateur en Chef du Mus\u00e9e national d&rsquo;Art Moderne"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, apr\u00e8s que des&nbsp;cr\u00e9ateurs aussi puissants que Seurat, C\u00e9zanne,&nbsp;Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Gauguin ont achev\u00e9&nbsp;leur destin et prononc\u00e9 leur parole, toutes sortes de&nbsp;voies s&rsquo;ouvrent \u00e0 la peinture. L&rsquo;une d&rsquo;elles sera le&nbsp;fauvisme.<\/p>\n\n\n\n<p>&lsquo;L&rsquo;esprit qui s&rsquo;y engage, ne se veut que concentr\u00e9&nbsp;sur les prestiges de la couleur. Les autres moyens&nbsp;que l&rsquo;on peut choisir pour interpr\u00e9ter plastiquement&nbsp;le monde, lignes, figures g\u00e9om\u00e9triques, dessin,&nbsp;construction, ombres, lumi\u00e8res, etc, il les ignore.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les couleurs! Elles seules sont l&rsquo;objet de son&nbsp;attention et elles seules constituent son langage. Il&nbsp;ne veut avoir rapport qu&rsquo;\u00e0 elles, et ce rapport est&nbsp;physique en m\u00eame temps qu&rsquo;affectif, mystique&nbsp;m\u00eame. Par cons\u00e9quent elles sont devenues des&nbsp;cr\u00e9atures, elles sont devenues des personnes. Elles&nbsp;vivent par elles-m\u00eames, ind\u00e9pendamment des choses&nbsp;qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ordinaire et conventionnellement on pense&nbsp;qu&rsquo;elles qualifient. Ainsi pense-t-on que le vert&nbsp;qualifie le feuillage: cela est de connaissance&nbsp;ordinaire et conventionnelle, cela est du ressort de&nbsp;ce que nous appelons la r\u00e9alit\u00e9. Mais l&rsquo;esprit&nbsp;amoureux des couleurs s\u00e9pare, abstrait le vert de&nbsp;toute r\u00e9alit\u00e9, ne consid\u00e8re plus que le vert, le vert&nbsp;sans feuillage, le vert par, une p\u00e2te jaillie du tube&nbsp;et qui se r\u00e9pand sur la toile sans autre souci que&nbsp;d&rsquo;\u00eatre le vert. Et, comme telle, d&rsquo;entrer en dialogue&nbsp;avec une autre couleur pure, disons le rouge. Et le&nbsp;rouge est le rouge et non pas la qualification d&rsquo;une&nbsp;chose rouge telle que la rose ou le sang. Aussi&nbsp;peut-il s&rsquo;appliquer \u00e0 une chose verte, \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9&nbsp;verte, un arbre par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Telle est la d\u00e9marche mentale de certains jeunes&nbsp;artistes du d\u00e9but du si\u00e8cle, lesquels accomplirent une&nbsp;des innombrables r\u00e9volutions qui! dans ce moment&nbsp;de prodigieuse et multiple effervescence, s&rsquo;offraient&nbsp;comme possibles. C&rsquo;\u00e9taient les Fauves. Le nom leur&nbsp;fut donn\u00e9 \u00e0 la suite de l&rsquo;exclamation d&rsquo;un critique,&nbsp;entrant dans la salle du Salon d&rsquo;Automne de 1905&nbsp;o\u00f9 ils \u00e9taient group\u00e9s, avec, au centre, quelques&nbsp;sculptures d&rsquo;un artiste, lui, fort sage: \u00ab\u00a0Donatello&nbsp;parmi les fauves!\u00a0\u00bb Et cette salle devint la \u00ab\u00a0cage&nbsp;aux fauves\u00a0\u00bb. Mais d\u00e9j\u00e0 il Y avait eu une cage an.&rsquo;\\.&nbsp;fauves aux Ind\u00e9pendants de 1905, et surtout au&nbsp;Salon d&rsquo;Automne de la m\u00eame ann\u00e9e, o\u00f9 avait&nbsp;\u00e9clat\u00e9 l&rsquo;insolite symphonie de taches virulentes de la&nbsp;<b>Femme au chapeau <\/b>de Matisse. On peut&nbsp;consid\u00e9rer qu&rsquo;en 1907 la flamb\u00e9e est \u00e9teinte, la f\u00eate&nbsp;st fim:e. Chacun des Fauves va suivre sa route.&nbsp;Mais il y aura toujours du fauvisme en certains&nbsp;d&rsquo;entre eux, et il y en aura chez d&rsquo;autres peintres&nbsp;qui vont venir. Il existe un courant fauve et qui&nbsp;rejoindra d&rsquo;autres courants en Fran~e ou dans toute&nbsp;l&rsquo;Europe: et, par exemple, le courant expressionniste.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re exposition de la <b>Br\u00fccke <\/b>a lieu \u00e0 la&nbsp;fabrique de lampes Seifert, \u00e0 Dresde, en 1906. Ce&nbsp;mouvement allemand est donc exactement&nbsp;contemporain du fauvisme fran\u00e7ais: il est n\u00e9 de la&nbsp;m\u00eame disposition psychique. Sans doute l&rsquo;aspect des&nbsp;ouvrages des deux mouvements est-il distinct. Les&nbsp;peintres qui ont \u00e9t\u00e9 les initiateurs de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre sont tr\u00e8s diff\u00e9renci\u00e9s, et chacun a son&nbsp;caract\u00e8re et son style propres. Mais les deux&nbsp;mouvements r\u00e9pondent \u00e0 la m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9&nbsp;spirituelle, \u00e0 la m\u00eame impulsion, \u00e0 la m\u00eame volont\u00e9&nbsp;cr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p>De telles aspirations se r\u00e9alisent au gr\u00e9 des&nbsp;circonstances: non point, bien sur, que celles-ci&nbsp;soient la cause des r\u00e9alisations, mais elles les&nbsp;favorisent et leur donnent leur forme et leur&nbsp;d\u00e9termination. Ces circonstances, le plus souvent, sont&nbsp;des rencontres d&rsquo; hommes. l&rsquo; histoire de l&rsquo;art, comme&nbsp;l&rsquo;histoire tout court, est en grande partie faite de&nbsp;ces rencontres. Et en celles-ci aussi il faut voir&nbsp;moins un hasard que, encore une fois, une n\u00e9cessit\u00e9&nbsp;spirituelle. Un bonheur, oui, mais un bonheur voulu&nbsp;et d\u00e9sir\u00e9. Les hommes qui se sont rencontr\u00e9s l\u00e0 devaient se rencontrer, car des intentions analogues&nbsp;les animaient, et ce m\u00eame amour des couleurs. Ils&nbsp;\u00e9taient de m\u00eame famille.<\/p>\n\n\n\n<p>La rencontre, donc, eut lieu dans [&lsquo;atelier de&nbsp;Gustave Moreau, homme singulier, de la lign\u00e9e&nbsp;d&rsquo;Eug\u00e9ne Delacroix, et tout imbu d&rsquo;\u00e9sot\u00e9rismes et de&nbsp;mythologies-\u00e0 la mode finissante du Parnasse et \u00e0&nbsp;la mode commen\u00e7ante du Symbolisme, &#8211; mais&nbsp;ardent coloriste, et c&rsquo;est sans doute cela qui, en&nbsp;l&rsquo; occnrrence, importait. C&rsquo;\u00e9tait un ma\u00eetre qui&nbsp;n&rsquo;imposait aucune doctrine. mais aimait voir de&nbsp;jeunes temp\u00e9raments se d\u00e9velopper librement, Et ce&nbsp;hasard historique auquel nous avons attribu\u00e9 une&nbsp;certaine rationalit\u00e9, un certain pouvoir de favoriser&nbsp;la naissance d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements significatifs voulut (lue,&nbsp;parmi ces jeunes temp\u00e9raments de l&rsquo;atelier de&nbsp;Gustave Moreau, on p\u00fbt virtuellement compter deux&nbsp;des plus puissants cr\u00e9ateurs de l&rsquo;art de notre temps:&nbsp;Rouault et Matisse. Le premier ne sera pas un&nbsp;fauve, Mais il sera anim\u00e9 d&rsquo;une extraordinaire&nbsp;fougue dans le sens de l&rsquo;expression, de l&rsquo;expression&nbsp;la plus outr\u00e9e et la plus path\u00e9tique. Cette tendance&nbsp;n&rsquo;est pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du fauvisme. Pour \u00eatre tout \u00e0&nbsp;fait exacts appelons-la expressionnisme. Quant \u00e0&nbsp;Matisse, lui, on peut le d\u00e9signer comme le v\u00e9ritable&nbsp;cr\u00e9ateur du fauvisme&nbsp;et le plus d\u00e9termin\u00e9 des&nbsp;fauves. Et en ce sens un des plus grands coloristes&nbsp;de toute l&rsquo;histoire de la peinture. Observons&nbsp;seulement que c&rsquo;est un g\u00e9nie complet, et par&nbsp;cons\u00e9quent non seulement un coloriste, mais aussi un&nbsp;dessinateur, Aussi, apr\u00e8s l&rsquo;explosion du fauvisme,&nbsp;va-t-on le voir s&rsquo;\u00e9panouir dans des directions&nbsp;diverses, d\u00e9passer le fauvisme, m\u00e9riter un autre titre&nbsp;que celui de fondateur du fauvisme, un titre plus&nbsp;g\u00e9n\u00e9ral: celui de ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Quels autres futurs fauves se sont rencontr\u00e9s chez&nbsp;Moreau, Marquet, d&rsquo;abord, qui, apr\u00e8s son fauvisme,&nbsp;sera le peintre merveilleux, dou\u00e9 d&rsquo;un oeil si aigu&nbsp;et si s\u00fbr, des ports, des quais, des berges, des horizons lointains o\u00f9 se rejoignent le ciel et l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis deux ravissants coloristes, pleins de fra\u00eecheur et de spontan\u00e9it\u00e9: Manguin, Camoin. Une autre&nbsp;rencontre capitale est celle de Vlaminck et de&nbsp;Derain, \u00e0 Chatou, dans une de ces banlieues&nbsp;parisiennes o\u00f9 fleurit, \u00e2cre floraison, le g\u00e9nie&nbsp;populaire, et o\u00f9, le long des routes parcourues par&nbsp;les coureurs&nbsp;cyclistes, on se sent dans le plus \u00e9troit&nbsp;contact avec les choses naturelles, leur brutale&nbsp;simplicit\u00e9, leur expression, rude et rapide camille nnargot, leur senteur, leur couleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici nn autre point d&rsquo;origine, une autre source: la&nbsp;Normandie, cette belle et forte province maritime qui&nbsp;est une des patries de toute la peinture fran\u00e7aise, et&nbsp;son illustre port, Le Havre. Dufy et Friesz y sont&nbsp;n\u00e9s tous deux; ils y font ensemble leurs premi\u00e8res&nbsp;\u00e9tudes, obtiennent une bourse, se retrouvent \u00e0 Paris,<\/p>\n\n\n\n<p>Les voici tout naturellement dans la galerie de la&nbsp;bonne Berthe Weill, qui a d\u00e9j\u00e0 accueilli Matisse,&nbsp;Marqnet, Manguin. Ajoutons \u00e0 toute cette \u00e9quipe La&nbsp;figure truculente de Van Dongen, arriv\u00e9 de sa&nbsp;Hollande natale en 1897, et les vigoureux talents de&nbsp;Jean Puy, de Valtat, du futur ma\u00eetre verrier&nbsp;111arinot, et enfin Braque, Lequel, avant d&rsquo;etre l&rsquo;un&nbsp;des inventeurs du cubisme, a \u00e9t\u00e9 saisi pur les&nbsp;s\u00e9ductions de la couleur et \u00e0 \u00ab\u00a0fauvis\u00e9\u00a0\u00bb (d&rsquo;un&nbsp;fauvisme qui jouxte le n\u00e9o-impressionnisrne) en&nbsp;compagnie de Friesz \u00e0 Anvers en 1906, et \u00e0 la Ciotat en 1907: et nous aurons ainsi un tableau \u00e0&nbsp;peu pr\u00e8s complet de l&rsquo;un des grands moments de&nbsp;l&rsquo;histoire de la peinture moderne. Moment bref,&nbsp;fulgurant. Pareil au geste m\u00eame par lequel ces&nbsp;&lsquo;peintres, soudainement, jetaient sur leur toile le&nbsp;caprice d&rsquo;un trait de couleur arbitraire. Moment&nbsp;qui ne peut \u00eatre qu&rsquo;un moment,-non point une&nbsp;p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;on peut <b>s&rsquo;installer. <\/b>On ne s&rsquo;installe&nbsp;pas dans un moment, on ne s&rsquo;installe pas dans le&nbsp;feu, Par cons\u00e9quent chacun de ces peintres va,&nbsp;comme nous l&rsquo;avons dit, reprendre sa voie, souvent&nbsp;diff\u00e9rente, assur\u00e9ment glorieuse. lVlais comme nous l&rsquo;avons \u00e9galement dit, il restera en eux quelque&nbsp;trace de cette profonde, vivace exp\u00e9rience du&nbsp;fauvisme. Il en restera chez l&rsquo;\u00e9blouissant, f\u00e9\u00e9rique&nbsp;Dufy, mais aussi, sans doute, chez ceux qui, comme&nbsp;Marquet, Vlaminck, Derain, se seront tourn\u00e9s vers&nbsp;un r\u00e9alisme plus direct et comme plus classique.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est que, dans les m\u00e9mes ann\u00e9es, une autre le\u00e7on&nbsp;s&rsquo;est fait entendre que celle de Van Gogh: celle de&nbsp;C\u00e9zanne. Celui-ci, mort en 1906, (i, \u00e9t\u00e9, l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;suivante, honor\u00e9 par les jeunes artistes d&rsquo;une&nbsp;r\u00e9trospective au V\u00e8me Salon d&rsquo;Automne. On se&nbsp;r\u00e9p\u00e8te sa phrase sur le traitement de la nature par&nbsp;le cylindre, la sph\u00e8re et le c\u00f4ne. Le cubisme va&nbsp;na\u00eetre. Ainsi l&rsquo;\u00e9poque est-eUe toute remu\u00e9e de&nbsp;f\u00e9condes contradictions; la vie y est \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame de&nbsp;sa richesse et de son intensit\u00e9, en possession des plus&nbsp;divers pouvoirs et des plus diverses chances. Ainsi&nbsp;s&rsquo;explique la multiplicit\u00e9 de perspectives qui va&nbsp;s&rsquo;offrir aux&nbsp;visiteurs de la pr\u00e9sente exposition. Le&nbsp;fauvisme va leur appara\u00eetre dans un tr\u00e8s complexe&nbsp;contexte. Ils devront sentir n\u00e9anmoins le caract\u00e8re&nbsp;pur, r\u00e9solu. strict et nettement d\u00e9termin\u00e9 qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;autres orientations possibles, a marqu\u00e9 l&rsquo;<b>\u00e9ner<\/b><b>gie&nbsp;<\/b>de ce mouvement. Mais ce mouvement a \u00e9t\u00e9&nbsp;l&rsquo;\u00e9nergie m\u00eame. Il a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;expression de ce qu&rsquo;il peut&nbsp;y avoir de plus spontan\u00e9, \u00e9l\u00e9mentaire et violent&nbsp;dans l&rsquo;acte cr\u00e9ateur d&rsquo;un peintre. Et de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9,&nbsp;ce qu&rsquo;il y a de pIns imm\u00e9diatement expressif dans&nbsp;l&rsquo;univers, n&rsquo;est-ce pas sa couleur? C&rsquo;est sous le,&nbsp;esp\u00e8ces de la couleur que l&rsquo;univers se pr\u00e9sente&nbsp;d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;enfant, c&rsquo;est par sa&nbsp;couleur&nbsp;qu&rsquo;il se&nbsp;r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui, le s\u00e9duit, l&rsquo;enchante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci m&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 formuler une observation: c&rsquo;est qu&rsquo;il&nbsp;y a de cette r\u00e9v\u00e9lation de la couleur pure, il y a&nbsp;du fauvisme dans les estampes japonaises, ces chefs&nbsp;d&rsquo;oeuvre dont l&rsquo;introduction en France, au dernier&nbsp;tiers du XIX\u00e8me si\u00e8cle, devait avoir une si&nbsp;d\u00e9terminante action sur tout le d\u00e9veloppement&nbsp;ult\u00e9rieur de notre art. Et sans doute peut-on, en&nbsp;retour, noter une influence des fauves sur tels&nbsp;aspects de la si riche, d\u00e9licate et puissante&nbsp;production artistique du Japon de notre temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean CASSOU<br \/>Conservateur en Chef&nbsp;du Mus\u00e9e national d&rsquo;Art Moderne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, apr\u00e8s que des&nbsp;cr\u00e9ateurs aussi puissants que Seurat, C\u00e9zanne,&nbsp;Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Gauguin ont achev\u00e9&nbsp;leur destin et prononc\u00e9 leur parole, toutes sortes de&nbsp;voies s&rsquo;ouvrent \u00e0 la peinture. L&rsquo;une d&rsquo;elles sera le&nbsp;fauvisme. &lsquo;L&rsquo;esprit qui s&rsquo;y engage, ne se veut que concentr\u00e9&nbsp;sur les prestiges de la couleur. 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