{"id":298,"date":"2012-05-18T08:35:06","date_gmt":"2012-05-18T06:35:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/?p=298"},"modified":"2021-02-25T17:10:39","modified_gmt":"2021-02-25T15:10:39","slug":"andre-verdet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/andre-verdet\/","title":{"rendered":"La fronti\u00e8re int\u00e9rieure, Andr\u00e9 Verdet, \u00e9crivain"},"content":{"rendered":"<p><strong>LA FRONTIERE INTERIEURE<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2031\" aria-describedby=\"caption-attachment-2031\" style=\"width: 251px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ANDRE_VERDET_05_1996.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-2031 \" title=\"Andr\u00e9 Verdet, Baron-Renouard, R\u00e9alit\u00e9 po\u00e9tique\" src=\"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/ANDRE_VERDET_05_1996.jpg\" alt=\"ANDRE_VERDET 1996\" width=\"251\" height=\"585\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2031\" class=\"wp-caption-text\">Andr\u00e9 Verdet, \u00e9crivain, 1996<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&#8230;Les toiles de Baron-Renouard m\u2019apparaissaient comme autant de po\u00e9tiques paysages int\u00e9rieurs. Une sorte d\u2019extase-exaltation devant la Nature&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici quelques ann\u00e9es, lors de la Biennale de Peinture \u00e0 Menton, un envoi m\u2019avait longuement retenu en raison de ses all\u00e8gres qualit\u00e9s de peinture en soi : l\u2019\u00e9vident plaisir de peindre affirmant sa n\u00e9cessit\u00e9 par de l\u00e0 m\u00eame les probl\u00e8mes de la technique, laquelle s\u2019av\u00e9rait sans faille. <strong>Les toiles de Baron-Renouard m\u2019apparaissent comme autant de po\u00e9tiques paysages int\u00e9rieurs, paysages parcourus d\u2019effluves o\u00f9 force, myst\u00e8re, panique se conjuguent au r\u00eave, \u00e0 la tendresse, \u00e0 l\u2019intelligence humaine en qu\u00eate d\u2019unit\u00e9, d\u2019union pacificatrice. Une sorte d\u2019extase-exaltation devant la Nature, qui se transmutera en action picturale.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, je fis la connaissance de l\u2019artiste. Apr\u00e8s avoir appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019\u0153uvre, il me fut agr\u00e9able d\u2019estimer l\u2019homme. J\u2019appris l\u2019affection qu\u2019il vouait \u00e0 la m\u00e9moire tut\u00e9laire de son grande-p\u00e8re, le peintre-graveur Paul Renouard, ascendance qui d\u00e9termina en grande partie sa vocation. J\u2019appris encore sa participation en tant qu\u2019officier aviateur, lors de la derni\u00e8re guerre, aux campagnes d\u2019Afrique du Nord, d\u2019Alsace et d\u2019Allemagne. Je savais d\u00e9j\u00e0 ses multiples activit\u00e9s sociales, son d\u00e9vouement \u00e0 la cause des arts et des artistes, les responsabilit\u00e9s qu\u2019il assumait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le cheminement du temps et de l\u2019amiti\u00e9, les donn\u00e9es, les caract\u00e9ristiques de son travail se r\u00e9v\u00e8lent avec plus de nettet\u00e9 \u00e0 l\u2019attention que je leur portais. J\u2019en ressentis mieux la densit\u00e9, <em>la charge <\/em>po\u00e9tique, exprim\u00e9es par une rythmique gestuelle pleine d\u2019allant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le moyen de la Nature, prise au d\u00e9part dans sa r\u00e9alit\u00e9 ambiante, mais d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pouill\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, synth\u00e9tis\u00e9e, Baron-Renouard tend \u00e0 nous signifier d\u2019une mani\u00e8re allusive et sensible, la pr\u00e9sence, la continuit\u00e9 d\u2019un <em>dynamisme cosmique<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un tableau de Baron-Renouard c\u2019est avant tout un <strong>espace vibrant <\/strong>o\u00f9 les premi\u00e8res sensations \u00e9prouv\u00e9es devant un spectacle de la Nature, enfouies ensuite dans le subconscient, se projettent en \u00e9quivalences de formes et de couleurs apr\u00e8s que le psychisme les ait \u00ab trait\u00e9es \u00bb dans son laboratoire.La critique a pu justement dire que l\u2019art de cet artiste rac\u00e9, se situe dans le courant de la peinture post-abstraite formelle et qu\u2019il \u00e9tait l\u2019un des repr\u00e9sentants-types de ce que Henry Galy-Carles nomme le <strong>Naturisme Imaginaire Abstrait<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9marche en est \u00e0 la fois ample, souple, libre et parfois d\u2019une violence secr\u00e8te. Violence contenue dans l\u2019harmonie unificatrice des \u00e9l\u00e9ments graphiques et chromatiques. Les masses color\u00e9es se meuvent, s\u2019organisent, se r\u00e9partissent \u00e0 la fa\u00e7on de th\u00e8mes musicaux. Elles s\u2019orchestrent. Elles deviennent des <strong><em>timbres<\/em><\/strong><em>. Ces timbres r\u00e9agissent les uns sur les autres avant de se fondre dans le chant g\u00e9n\u00e9ral de la composition. Baron-Renouard ne d\u00e9nie pas son travail ce lien affectif avec la musique.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je disais espace vibrant : la couleur en est <em>alluvionnaire<\/em>, fluidique, comme aiguis\u00e9e, aff\u00fbt\u00e9e de lumi\u00e8re fine, &#8211; lumi\u00e8re \u00e9gale et \u00e9galisatrice. Couleur-\u00e9clatement, couleur-\u00e9claboussure, couleur-giclure, couleur-coul\u00e9e. On songe \u00e0 des texturologies spatiales, qu\u2019elles soient celles du domaine des airs, des terres ou du domaine des eaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tant\u00f4t espace compact, \u00ab bourr\u00e9 \u00bb o\u00f9 les masses se confrontent, poussent, p\u00e8sent, vers le haut, vers le bas, lat\u00e9ralement, s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent, puis se fixent dans un \u00e9quilibre statique- dynamique. Tant\u00f4t espace all\u00e9g\u00e9, qui se d\u00e9finit dans l\u2019envol limpide des formes a\u00e9riennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a parfois l\u2019impression d\u2019un surplomb atmosph\u00e9rique d\u2019un pays, avec ses variantes g\u00e9ographiques en raccourci \u00e0 l\u2019infini : transpiration, sublimation de la vision du peintre se superposant \u00e0 la vision de l\u2019aviateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La profusion des masses tonales, des foyers lumineux et chromatiques reposent n\u00e9anmoins sur une structure interne rigoureuse, une lin\u00e9arit\u00e9 fonctionnelle qui a su s\u2019effacer.<\/strong> Que l\u2019on s\u2019approche de ses masses, le dessin se r\u00e9v\u00e8lera en filigrane comme se r\u00e9v\u00e8lera une multitude vivante de graffitis-signes, sortes d\u2019\u00e9l\u00e9ments cavernicoles sous-jacents qui finissent par rejoindre, petites peuplades en marche sous le couvert des formes color\u00e9es, des lumi\u00e8res et des ombres, l\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral du tableau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est par un lent travail de pon\u00e7age \u00e0 l\u2019aide de papier-verre que se d\u00e9couvre et r\u00e9appara\u00eet comme en surimpression le travail ant\u00e9rieur des mati\u00e8res, les premiers signes enfouis, toute une composition initiale et dirais-je <em>initiatique<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On devine que le d\u00e9tail, infime soit-il ; \u00ab piquetage \u00bb des signes sont une d\u00e9lectation, une jouissance pour le peintre tellement ces micro-choses s\u2019inscrivent avec ferveur, celle \u00e0 la fois minutieuse, \u00e9blouie et forte d\u2019un artisan-orf\u00e8vre ou d\u2019un typographe d\u2019art. (Il est vrai que Baron Renouard conna\u00eet parfaitement les probl\u00e8mes de mise en page et de typographie puisqu\u2019il eut nagu\u00e8re la direction artistique de maintes revues).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Importance, donc, du pon\u00e7age dans son travail puisque le papier-verre devient un outil unificateur qui, tout en assurant la fluidit\u00e9 des passages, apaise bien des col\u00e8res, des virulences, des bagarres que le pinceau ou l\u2019\u00e9ponge avait pr\u00e9c\u00e9demment provoqu\u00e9es. La toile n\u2019en demeure pas moins, dans son ensemble, espace-mati\u00e8re, espace-ductile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le peintre est un beau coloriste. La qualit\u00e9, la noblesse des tons sont d\u2019autant plus grandes qu\u2019elles tirent leur expression de leur efficacit\u00e9. Couleurs-valeurs dont le substrat est de l\u2019ordre int\u00e9rieur, psychologique, charg\u00e9 d\u2019intentions.<\/strong> Nous revenons aux timbres, \u00e0 la musique. Couleurs-valeurs dont la richesse substantielle est constitu\u00e9e par l\u2019apport de diverses couches superpos\u00e9es o\u00f9 s\u2019amalgament souvent des tons sur tons, o\u00f9 des blancs jouent avec des pigments diff\u00e9rents. Sensualit\u00e9 du mat\u00e9riau, sensualit\u00e9 sourdement chatoyante : on sent que le peintre est l\u2019amant de sa toile. Les violences s\u2019y accordent aux caresses dans le myst\u00e8re de l\u2019acte d\u2019amour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019emploi du collage, tissu et papier, renforce parfois la hardiesse chromatique en cr\u00e9ant volontairement des p\u00e9rils, une disharmonie brutale dans l\u2019orchestration : contre-point sonore d\u2019orgue.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2910\" aria-describedby=\"caption-attachment-2910\" style=\"width: 228px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/1973_00003_FBR_A_VERDET.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2910\" title=\"1973_00003_FBR_A_VERDET\" src=\"http:\/\/www.baronrenouard.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/1973_00003_FBR_A_VERDET-e1351439671221.jpg\" alt=\"\" width=\"228\" height=\"183\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2910\" class=\"wp-caption-text\">A. verdet et Baron Renouard en 1973<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Epousailles des formes contrast\u00e9es, \u00e9pousailles des tons : des bleus, des jaunes, des gris, qui s\u2019irisent&#8230; des faveurs pour des violets, des mauves, des oranges. Puissance du souvenir, du temps qui passe, un rien de nostalgie, de regret, puis vient l\u2019appel inexorable, triomphant de la vie forte, de l\u2019espoir irradiant : la gloire d\u2019une lumi\u00e8re qui revient toujours pour assurer la Pr\u00e9sence &#8211; celle de la Nature, des esp\u00e8ces, celle de l\u2019Homme enfin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La peinture de Baron Renouard franchissant ses occultes fronti\u00e8res int\u00e9rieures, offre g\u00e9n\u00e9reusement \u00e0 notre regard la profondeur, la luminosit\u00e9 d\u2019une CERTITUDE.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes et r\u00e9f\u00e9rences :<\/strong><br \/>\n<em>Pr\u00e9face d\u2019Andr\u00e9 Verdet, \u00e9crivain<br \/>\n<\/em><em>Exposition : Exposition particuli\u00e8re de Baron-Renouard<br \/>\n<\/em><em>Lieu : Ch\u00e2teau-Mus\u00e9e, Cagnes-sur-Mer<br \/>\n<\/em><em>Date : 1973\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA FRONTIERE INTERIEURE &#8230;Les toiles de Baron-Renouard m\u2019apparaissaient comme autant de po\u00e9tiques paysages int\u00e9rieurs. 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