{"id":538,"date":"2013-02-10T17:54:04","date_gmt":"2013-02-10T17:54:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.baronrenouard.com\/Renouard\/?page_id=538"},"modified":"2014-04-06T10:50:51","modified_gmt":"2014-04-06T10:50:51","slug":"etude-par-louis-vaunois-1922-1ere-partie","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.baronrenouard.com\/Renouard\/etude-par-louis-vaunois-1922-1ere-partie\/","title":{"rendered":"Etude par Louis Vaunois &#8211; 1922 &#8211; 1ere Partie"},"content":{"rendered":"<p>PAUL RENOUARD<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme qui, sans arr\u00eat, sans fatigue, sans id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue, regarde : voil\u00e0 Paul Renouard.\u00a0Des cheveux frisants sur\u00a0les tempes, des moustaches de chat et une barbe en pointe : ce n&rsquo;est que l&rsquo;encadrement. Les yeux grands ouverts sont le principal : aussi frais que des yeux d&rsquo;enfant, ils trahissent un \u00e9tonnement indefectible devant le spectacle de la vie. Ils conservent une candeur ; ils disent : \u00ab\u00a0A les voir commes elles sont, les choses sont vraiement cocasses.\u00a0\u00bb D&rsquo;un bleu p\u00e2le vers la circonf\u00e9rence de l&rsquo;iris, plus verts aupr\u00e8s de la pupilles o\u00f9 confinent des parcelles d&rsquo;or, ils me consd\u00e8res bien en face, mais si doux que je ne crains pas leur lucide int\u00e9rrogation : \u00ab\u00a0Qui es-tu ,toi qui viens ? Tu ne me g\u00eanes pas. Tout\u00a0ce e qui se pr\u00e9sente est beau \u00e0 voir. Je fais mon profit de tout, m\u00eame de toi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une lumi\u00e8re de gait\u00e9 ne quitte pas ce regard. Lorsqu&rsquo;un jour j&rsquo;aurai exprim\u00e9 \u00e0 Paul Renouard l&rsquo;intention de publier quelques-unes de nos conversations, il \u00e9gr\u00e9na son rire \u00e0 la fois pein et mesur\u00e9 : ne cachant pas son nouvel \u00e9tonnement, il demandera : \u00ab\u00a0Comment ?\u00a0Je serai\u00a0donc connu dans mon\u00a0pays ?\u00a0\u00bb Gentillesse factice ou banale dans la bouche d&rsquo;un autre. Ici, la stup\u00e9faction la plus savoureuse. Enfant de Cour-Cheverny, il\u00a0ne sera donc pas connu\u00a0seulement de l&rsquo;Angleterre, de l&rsquo;Am\u00e9rique et m\u00eame du Japon, que ces cartons ravissent comme des exemples parfaits ? On parlera de lui, chez lui ! Cons\u00e9cration supr\u00eame : il la d\u00e9clare tout bonnement \u00ab\u00a0inouie\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut voir l&rsquo;homme. L&rsquo;attitude toujours ais\u00e9, son petit chapeau mou, pos\u00e9 en aur\u00e9ole noir sur l&rsquo;arri\u00e8re de sa t\u00eate, il aime se tenir debout ; il semble pr\u00eat \u00e0 se rendre \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 quelque chose se passera. Il se d\u00e9place perp\u00e9tuellement sans h\u00e2te. S&rsquo;agit-il d&rsquo;aller loin ? Cel\u00e0 ne l&rsquo;effraye pas. Au contraire, il adore les voyages. Il s&rsquo;en fut aux\u00a0Etats-Unis non moins all\u00e9grement que s&rsquo;il avait travers\u00e9 la Seine qui roule glauque et lourde sous ses fen\u00eatres. Derni\u00e8rement, autre occasion de voir du pays\u00a0: il avait au Mus\u00e9e du Luxembourg un portrait de Monsieur Mollard ; or M. Mollard\u00a0a \u00e9t\u00e9 notre ambassadeur au Grand-Duch\u00e9 du Luxembourg ; la\u00a0Grande-Duchesse formula le d\u00e9sir d&rsquo;obtenir l&rsquo;oeuvre. On demanda l&rsquo;autorisation \u00e0 l&rsquo;auteur. \u00ab\u00a0Bien s\u00fbr que je consentais \u00e0 ce\u00a0qu&rsquo;on lui envoie mon tableau ! Il\u00a0sera l\u00e0-b\u00e0s :\u00a0j&rsquo;irai le voir ! \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il faut entendre Renouard.\u00a0Une voix calme, aussi nue que ses yeux, et qui va tout\u00a0\u00e0 fait bien avec eux. Une jolie parlure de chez nous. Pas l&rsquo;accent parisien : Renouard prononce l&rsquo;<em>r<\/em> vibr\u00e9 mollement. Entre beaucoups de cract\u00e9ristiques, il a gard\u00e9 celles-l\u00e0 de Blois. Et, comme chacun sait, \u00ab\u00a0Blou\u00e8s, c&rsquo;est le pays\u00a0qu&rsquo;on parle ben\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9licieux causeur ! Anatole France de poss\u00e8de pas autant de facilit\u00e9. Renouard ne cherche pas ses mots : rien\u00a0ne fait trait, tout coule de source; tout est de l&rsquo;homme, tel qu&rsquo;il respire. Tout d\u00e9gage une philosophie\u00a0; et si plaisante ! La pens\u00e9e n&rsquo;a pas\u00a0besoin d&rsquo;un rago\u00fbt de moquerie. C&rsquo;est tellement plus rare, \u00eatre dr\u00f4le sans \u00eatre malin.\u00a0\u00ab\u00a0On\u00a0ne se doute pas de ce que\u00a0la\u00a0vie est rigolo, explique Renouard. Il ne faut pas chercher \u00e0 la rendre comique : la caricature est un non-sens ; effort inutile, mais indigne aussi. Il suffit de montrer les choses telles quelles.\u00a0\u00bb C&rsquo;est pourquoi Renouard se borne \u00e0 d\u00e9crire. Certains\u00a0gens font des\u00a0mots\u00a0cinglants, on les proclames profonds, ils ne sont que rosses; tristes au surplus, \u00e0 porter le diable en terre. Lui, il est la simplicit\u00e9.\u00a0Sa voix unie raconte les mobiles quotidiens de l&rsquo;action, les humbles dessous de l&rsquo;\u00e2me, le pauvre m\u00e9canisme humain. Emerveill\u00e9 lui-m\u00eame,\u00a0 il vous d\u00e9couvre cent petites observations : chacune contient adorablement la grande piti\u00e9 de la vie. Il n&rsquo;est pas blas\u00e9, il est indulgent. Il y a l\u00e0 une v\u00e9ritable profondeur \u00e0 laquelle n&rsquo;atteindra jamais la d\u00e9sinvolture cruelle de telle railleur c\u00e9l\u00e8bre. Profond, mais de bonne humeur : c&rsquo;est un miracle !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"2e partie\" href=\"http:\/\/www.baronrenouard.com\/Renouard\/etude-de-louis-vaunois-2e-partie-1922\/\" target=\"_blank\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAUL RENOUARD Un homme qui, sans arr\u00eat, sans fatigue, sans id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue, regarde : voil\u00e0 Paul Renouard.\u00a0Des cheveux frisants sur\u00a0les tempes, des moustaches de chat et une barbe en pointe : ce n&rsquo;est que l&rsquo;encadrement. 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